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Politique locale

Catherine Trautmann, maire de Strasbourg : six mois après

Élection, équipe, Eurométropole, éclairage, stationnement, audit des finances : ce qui a changé à Strasbourg depuis mars 2026, faits et chiffres sourcés.

Catherine Trautmann, maire de Strasbourg : six mois après
Sommaire7 parties
  1. 01Une élection à rebondissements
  2. 02L’équipe municipale
  3. 03L’Eurométropole
  4. 04Les premières décisions
  5. 05L’audit des finances
  6. 06Les dossiers en attente
  7. 07Sources

Faits arrêtés au 5 octobre 2026.

Le 22 mars 2026 à 20 h 55, une première estimation donnait Jeanne Barseghian gagnante ; douze minutes plus tard, un autre institut annonçait l’inverse. Au bout de la soirée, c’est bien Catherine Trautmann, socialiste née en 1951 et ancienne ministre de la Culture, qui remportait la triangulaire face à l’écologiste sortante et au candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter. Elle retrouvait ainsi la mairie qu’elle avait dirigée de 1989 à 1997, puis de 2000 à 2001.

Notre article sur les candidats et les enjeux des municipales 2026 posait le décor avant le scrutin. Six mois plus tard, voici ce qui a été décidé, ce qui reste à l’étude et ce qu’en disent l’opposition et la presse locale. Chaque chiffre renvoie à sa source.

Une élection à rebondissements

Au premier tour, le 15 mars, Catherine Trautmann arrivait en tête avec 25,93 % des voix, devant Jean-Philippe Vetter (24,23 %), Jeanne Barseghian (19,72 %) et l’insoumis Florian Kobryn (12,03 %), selon les résultats publiés par Pokaa. Virginie Joron (RN) obtenait 7 % et Pierre Jakubowicz 5,10 %. La participation atteignait 58,13 %.

Entre les deux tours, les alliances ont redessiné la carte. D’après France 3 Grand Est, Catherine Trautmann a fusionné sa liste avec celle de Pierre Jakubowicz, tandis que Jeanne Barseghian s’alliait avec Florian Kobryn. Le 22 mars, le second tour donnait 37 % à Catherine Trautmann, 31,7 % à Jeanne Barseghian et 31,3 % à Jean-Philippe Vetter.

Résultats du second tour des municipales 2026 à Strasbourg
Second tour du 22 mars 2026, d’après France 3 Grand Est.

L’équipe municipale

Le conseil municipal d’installation s’est réuni le samedi 28 mars 2026. Catherine Trautmann y a été élue avec 45 voix, celles de sa liste, qui détient 45 des 65 sièges ; La Gauche unie et Aimer Strasbourg en comptent dix chacune, selon Rue89 Strasbourg.

Elle s’entoure de vingt adjoints. Mathieu Cahn, premier adjoint, coordonne la municipalité et les adjoints de quartier et suit le budget, les ressources humaines et les grands événements. Céline Geissmann, deuxième adjointe, est chargée de la cité éducative et de la réussite scolaire. Pierre Jakubowicz, du parti Horizons, devient troisième adjoint, chargé de la culture.

Portrait de Catherine Trautmann à Strasbourg en 2013
Catherine Trautmann en 2013, alors députée européenne. Photo : Claude Truong-Ngoc, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’Eurométropole

Le vendredi 10 avril 2026, seule candidate, Catherine Trautmann a été élue présidente de l’Eurométropole avec 80 voix sur 107, rapporte ICI Alsace. Elle cumule ainsi la mairie et la présidence de l’intercommunalité de 33 communes, deux fonctions séparées sous le mandat précédent, quand Pia Imbs présidait l’Eurométropole.

Ce vote repose sur un pacte de gouvernance présenté comme « un engagement porté à trois voix ». Thibaud Philipps, maire d’Illkirch-Graffenstaden, devient premier vice-président chargé de l’urbanisme et de l’aménagement ; Catherine Graef-Eckert, maire de Lingolsheim, deuxième vice-présidente chargée du rayonnement européen, de la coopération transfrontalière et des plans de circulation. Le bureau compte dix-huit vice-présidents.

Les premières décisions

Le premier changement visible concerne la nuit. Sous la précédente mandature, l’éclairage public était éteint entre 1 h et 5 h dans environ 30 % des rues de la ville. En mai, la municipalité a annoncé leur rallumage progressif, avec un objectif fixé au 30 juin, d’après France 3 Grand Est. Le 26 juin, le quotidien L’Essentiel titrait sur des rues « rallumées toute la nuit ».

Le stationnement a suivi. Présentée au conseil municipal du 22 juin 2026, la réforme est entrée en vigueur en deux temps, selon France 3 Grand Est. Depuis le 1er juillet, l’abonnement résident coûte 5, 10 ou 20 € par mois selon le quotient familial, contre 15, 30 ou 40 € auparavant. Depuis le 1er septembre, le tarif maximal du stationnement sur voirie est passé de 35 à 17 €. La municipalité chiffre l’effet à « plus de deux millions d’euros de pouvoir d’achat » rendus aux habitants, selon Rue89 Strasbourg.

D’autres décisions ont marqué une rupture avec l’équipe sortante. En avril, la nouvelle municipalité a annulé le Festival des possibles, rendez-vous consacré aux initiatives citoyennes créé sous Jeanne Barseghian, en annonçant une « nouvelle organisation » pour le « renouveau démocratique », a relevé Rue89 Strasbourg.

L’audit des finances

Le vendredi 18 septembre 2026, Catherine Trautmann a présenté l’audit financier de la Ville et de l’Eurométropole, confié au cabinet Deloitte pour 103 000 €. Selon Rue89 Strasbourg, la dette de la Ville a plus que doublé depuis 2020 pour approcher 500 millions d’euros, et celle de l’Eurométropole est passée de 579 à 911 millions. L’épargne brute de la Ville, ce qui reste une fois les dépenses courantes payées, serait de 23 millions d’euros en 2026, contre 42 millions en 2020.

La capacité de désendettement mesure le nombre d’années qu’il faudrait pour rembourser la dette en y consacrant toute l’épargne brute. Pour la Ville, elle atteindrait 21,5 ans en 2026, contre 5,8 ans en 2020 et 10 ans en 2024, selon les chiffres de l’audit relayés par Pokaa ; celle de l’Eurométropole serait de 11,9 ans. Le seuil d’alerte généralement retenu est de 12 ans. Deloitte recommande de trouver 36 millions d’euros d’économies ou de recettes pour la Ville et 45 millions pour l’Eurométropole d’ici 2027.

Catherine Trautmann a parlé d’« urgence budgétaire » et indiqué, selon ICI Alsace, qu’aucune hausse des impôts locaux n’était envisagée pour l’instant.

Capacité de désendettement de la Ville de Strasbourg en 2020, 2024 et 2026 selon l'audit Deloitte, comparée au seuil d'alerte de 12 ans
Capacité de désendettement de la Ville, en années, d’après l’audit Deloitte (chiffres relayés par Pokaa).

L’ancienne majorité conteste la lecture. Syamak Agha Babaei, ancien premier adjoint chargé des finances, estime que l’audit ne tient pas compte des provisions constituées par la collectivité, et défend les investissements réalisés : « Qui regretterait la construction de nouvelles écoles ? » Rue89 Strasbourg note de son côté que la hausse de la dette et la baisse de l’épargne étaient déjà documentées par la chambre régionale des comptes et les budgets précédents.

Les dossiers en attente

La gratuité des transports pour les plus de 65 ans, promesse de campagne, n’est pas encore en place. Fin juin, Catherine Trautmann assurait à ICI Alsace que « les engagements seront tenus », tout en précisant que « la mise en œuvre est à l’étude » et que le calendrier restait à planifier. Lors de la présentation de l’audit, elle a prévenu que la mesure pourrait « prendre un peu de temps ».

Le tram nord, dont elle avait présenté son propre tracé avant l’élection, ne figure pas dans les projections de l’audit, pas plus que la future usine d’incinération, selon ICI Alsace. Les prochains débats budgétaires diront quels projets sont maintenus. Pour suivre les grands chantiers déjà engagés, notre point sur les grands projets de Strasbourg reste une bonne base.

Sources

Photo d’en-tête : le centre administratif de la Ville et de l’Eurométropole, place de l’Étoile. Photo : Valentin R., domaine public (CC0), via Wikimedia Commons

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  2. 02L’équipe municipale
  3. 03L’Eurométropole
  4. 04Les premières décisions
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  6. 06Les dossiers en attente
  7. 07Sources